Évasion

Stephen Perkal

Stephen Perkal parle de sa vie à Shanghai dans les années 1940.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2000

Stephen Perkal est né en 1914 à Zelechow (en Pologne). Son père est actif dans le Bund, l’union générale des travailleurs juifs, et Stephen s’implique très tôt dans les mouvements de jeunesse socialistes juifs et polonais.

Après avoir terminé l’école secondaire, Stephen déménage à Varsovie (en Pologne) pour aller à l’université, mais il n’est pas accepté. Il reste à Varsovie et occupe divers emplois jusqu’au début de l’année 1939, quand le chef du comité central du Bund lui demande de diriger une campagne électorale et de gérer une petite coopérative de fabrication de brosses à Międzyrzec (en Pologne).

Après l’invasion de la Pologne par les Allemands en septembre 1939, Stephen s’enfuit avec un groupe de membres du Bund à Vilnius (en Lituanie). En 1941, ils réussissent à obtenir des visas de transit avec l’aide de Chiune Sugihara, vice-consul japonais à Kaunas (en Lituanie) et, à bord d’un train rempli de réfugiés de Pologne, ils se rendent à Vladivostok (en Union soviétique) et de là à Kobe (au Japon).

Lorsque l’Allemagne envahit l’Union soviétique en juin 1941, les autorités japonaises ordonnent aux réfugiés polonais de partir. Stephen et son groupe se rendent à Shanghai (en Chine), le seul endroit qui accepte des réfugiés juifs. Ils vivent à Hongkou, un quartier pauvre de Shanghai, où les immigrants et les réfugiés se s’installent. Les conditions sont terribles, les immigrants vivent dans des logements surpeuplés, avec peu de nourriture et de médicaments.

En 1942, Stephen suit un cours d’ORT [abréviation pour Organisation pour les métiers de l’artisanat] et travaille dans une petite usine fabriquant des cuisinières électriques. Un an plus tard, il trouve du travail comme tisserand dans un atelier textile. En 1945, Stephen postule à l’université St. John’s à Shanghai.

Je suis allé aux autorités japonaises et je leur ai demandé la permission [pour aller à l’université].
Stephen Perkal

Stephen immigre au Canada en 1947 et continue ses études à l’Université McGill. Cependant, lorsque sa sœur, la seule relation de la famille élargie de Stephen qui ait survécu, immigre au Canada en 1949, Stephen doit abandonner ses études.

Peu de temps après son arrivée à Montréal, Stephen s’implique dans le mouvement syndical. Il trouve un emploi à l’Union internationale des ouvriers du vêtement féminin, où il occupe divers postes pendant 31 ans. Stephen se marie en 1961 et a deux filles et quatre petits-enfants.

Découvrez un autre extrait du témoignage de Stephen Perkal sur sa collaboration avec le Bund en Pologne sur la chaîne Youtube du Musée de l’Holocauste Montréal.

Objet relié

Les enfants Voticky à Shanghai

Voir cet objet