Immigration

Muguette Myers

Muguette Myers se souvient comment elle a trouvé des amis au YMHA à son arrivée à Montréal.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2019

Muguette Myers est née à Paris (en France) en 1931. Elle perd son père à l’âge de trois ans. Sa mère doit alors travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Muguette, pour ne pas rester seule, doit accompagner son frère à l’école chaque jour.

Lorsque la guerre éclate en 1939, Muguette quitte la ville avec son école. Sa mère et son frère s’enfuient vers le petit village de Champlost, à 160 kilomètres de Paris. Muguette les y rejoint quelques mois plus tard.

La famille retourne à Paris en 1941 et réussit à éviter de nombreuses tentatives d’arrestation grâce à l’aide d’amis, d’étrangers et parfois de chance. En juillet 1942, Muguette échappe de peu à la Rafle du Vél d’Hiv des Juifs parisiens en s’enfuyant à Champlost la veille. La famille s’y retrouve une fois de plus.

Tout le monde dans le village sait que la famille de Muguette est juive, mais personne ne les dénonce. Le maire déchire des lettres de dénonciation et le prêtre leur conseille de prendre des noms plus français pour garder leur identité cachée. Il donne à Muguette un nouveau nom catholique, Marie, lui enseigne le catéchisme et s’assure qu’elle assiste à la messe tous les dimanches.

Il y avait la YMHA, la Y hébraïque et il [l’oncle] m'emmenait là et m'a dit : « Tu vas trouver déjà des gens. »
Muguette Myers

Muguette, sa mère et son frère demeurent dans le village jusqu’à la Libération. De retour à Paris, Muguette s’inscrit dans une école de commerce. En 1947, la famille immigre au Canada, parrainée par des oncles et une tante de Brantford, en Ontario, et s’installe à Montréal.

Muguette reprend ses études pendant une courte période avant de trouver un emploi dans une usine de vêtements pour hommes où elle rencontre son futur mari. Ils se marient en 1951 et ont deux enfants. Muguette est conférencière bénévole au Musée de l’Holocauste Montréal et donne également des témoignages à travers le Canada avec la Fondation Azrieli, qui a publié ses mémoires en 2015.

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