Persécutions avant l'Holocauste

Margrit Stenge

Margrit Stenge décrit un incident antisémite survenu lors d’une visite chez sa grand-mère en 1938.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2011

Enfant unique, Margrit Rosenberg Stenge est née en 1928 à Cologne (en Allemagne). Son père est propriétaire d’une entreprise de fabrication de peinture et sa mère s’occupait du foyer. Margrit n’a que dix ans lorsque la famille décide de quitter l’Allemagne en 1938 en raison de l’antisémitisme croissant.

Le père de Margrit trouve finalement un poste dans une grande entreprise norvégienne à Oslo (en Norvège). Dès 1940, l’armée allemande occupe la Norvège. La famille Rosenberg doit s’enfuir encore une fois. Elle trouve refuge dans le village montagnard de Rogne, où elle loue une chambre chez l’un des villageois.

Au cours de l’été 1940, suivant le conseil d’un sympathique policier de la région, les Rosenberg s’installent dans un refuge isolé. Une cabane dans les montagnes au-dessus de Rogne devient ainsi leur maison pour l’été. Les agriculteurs qui amènent paître leur bétail sur les montagnes fournissent à la famille toute la nourriture dont elle a besoin.

L’automne 1940 ramène la famille à Rogne et Margrit y fréquente l’école du village. Cependant, leur existence relativement paisible prend fin brusquement en mars 1942. Encore une fois, sur l’insistance du policier, la famille Rosenberg quitte Rogne et retourne dans le chalet d’été, complètement isolé. Margrit retourne à Rogne pendant quelques semaines pour aller à l’école et vient voir ses parents la fin de semaine pour apporter de nouvelles provisions.

Lorsque les nazis commencent à arrêter et déporter les Juifs d’Oslo en 1942, les Rosenberg réussissent à s’échapper vers la Suède neutre grâce à l’aide de deux jeunes étudiants norvégiens. Ils arrivent à Alingsaas (en Suède) au début de 1943 et passent le reste de la guerre à Malmö (en Suède).

Cette nuit-là où nous étions chez notre famille, un groupe de jeunes est venu et a cassé chaque fenêtre de la maison.
Margrit Stenge

Après la guerre, la famille retourne à Oslo. Margrit finit ses études secondaires et fait une école de commerce l’année suivante. Après avoir obtenu son diplôme, elle travaille comme secrétaire en langues étrangères auprès du directeur d’une entreprise d’import/export d’acier.

En 1948, elle rencontre son mari, Stefan, survivant juif hongrois des camps de concentration. Ils se marient un an plus tard et immigrent à Montréal en 1951.

Avec le temps, Stefan établit une entreprise de construction et Margrit travaille avec lui. Ils ont deux enfants, six petits-enfants et vingt-deux arrière-petits-enfants.

Margrit est conférencière bénévole au Musée de l’Holocauste Montréal depuis 2011. Elle a ainsi partagé son histoire avec des milliers d’élèves qui ont visité le Musée.