Ghetto

Sasha Friedenstein

Sasha Friedenstein parle de la création du ghetto de Riga et des conditions de vie de ses habitants.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 1996

Sasha Friedenstein est né en 1925 à Riga, en Lettonie. Son père Israël est propriétaire d’un magasin de livres et de musique et sa mère, Mina, s’occupe de Sasha et de ses trois sœurs. Quelques semaines après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne en juin 1941, Riga est occupée par les troupes allemandes. Plusieurs milliers de Juifs sont fusillés durant les premiers jours de l’occupation.

À la mi-août 1941, les Allemands décrétèrent la mise en place d’un ghetto et tous les Juifs de Riga sont contraints de s’y installer. Au moment où le ghetto (installé dans une banlieue pauvre de Riga) est scellé en octobre, près de 30 000 Juifs y sont concentrés.

Sasha et sa famille partagent un petit appartement de deux pièces dans le ghetto. Sasha est le seul membre de sa famille qui travaille dans le ghetto. En novembre, les 4 000 à 5 000 habitants qui travaillaient dans le ghetto ont été déplacés dans le petit ghetto, une partie du ghetto que les Allemands avaient clôturée. Le reste de la population du ghetto est emmenée dans la forêt voisine de Rumbula pour être fusillée. Toute la famille de Sasha y est assassinée.

En Lettonie, Sasha est d’abord déporté vers le camp de concentration de Kaiserwald et de là vers l’un de ses sous-camps, Dondangen, où les prisonniers travaillent comme esclaves dans la construction. Les conditions sont terribles, les prisonniers reçoivent de maigres rations et sont fréquemment battus. Au milieu de 1944, alors que les troupes soviétiques se rapprochent, les Allemands transfèrent les détenus au camp de concentration de Stutthof en Pologne occupée. Après quelques semaines, Sasha est emmené travailler dans un sous-camp du Stutthof à Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad, en Russie). Il travaille comme esclave dans une usine de wagons allemands fabriquant des grenades pour l’armée allemande.

À l’approche de l’Armée rouge en janvier 1945, les prisonniers sont contraints de participer à une marche de la mort vers la mer Baltique. Sasha s’échappe et réussit à rejoindre l’armée soviétique. Il sera ensuite envoyé au front pour combattre pour les Soviétiques.

Le ghetto a été établi dans un quartier pauvre de Riga. Et dans cette zone où vivaient environ 3 000 Russes, plus de 32 000 Juifs ont dû déménager.
Sasha Friedenstein

Après la libération, Sasha apprend que personne de sa famille n’a survécu. Il traverse la frontière de la Pologne à l’Allemagne clandestinement, aidé par le Bricha, un mouvement qui aide les réfugiés juifs à immigrer illégalement en Palestine. Sasha reste ensuite dans un camp de personnes déplacées à Hessisch Lichtenau.

Sasha veut immigrer en Amérique, où vit une tante, mais il ne peut pas obtenir de visa. Aidé par l’American Joint, une organisation juive qui s’occupe des réfugiés, il se rend à Paris, où il apprend le métier de fourreur dans une école de travail ORT. Un de ses cousins lui partage qu’il est possible d’immigrer au Canada grâce à un programme de travail pour les ouvriers agricoles, dans lequel les immigrants doivent s’engager à travailler dans une ferme pendant un an.

Sasha arrive au Canada en 1948 et travaille pendant un an dans une ferme d’œufs juive à Sainte-Sophie. À la fin de l’année, il déménage à Montréal, où il travaille dans le commerce des fourrures. Sasha a quatre enfants issus de deux mariages et sept petits-enfants.

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