Occupation

Salomon Buch

Salomon Buch rappelle la rafle du « billet vert » et la déportation de son père.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 1997

Aîné de cinq enfants, Salomon Buch est né en 1923 à Paris en France. Ses parents Ephraim Buch et Doba Arbeit ont immigré en France de Varsovie, Pologne dans les années 1920. Alors que leurs enfants sont tous citoyens français, Ephraim et sa femme n’obtiennent jamais la nationalité française. Ephraim est un artisan fabricant de sacs à main et il travaille à domicile, tandis que Doba s’occupe des enfants. Au milieu des années 1930, Ephraim va travailler dans une usine de sacs à main. Salomon va à l’école jusqu’à l’âge de 12 ans, puis rejoint son père dans l’usine.

En mai 1940, l’armée allemande envahit la France et un mois plus tard, la France capitule. Les hommes sont encouragés à quitter Paris, alors Salomon et son père partent pour la zone libre au sud de la France. Trop inquiets pour le reste de la famille, ils décident de rentrer à Paris. Dès l’automne 1940, les Juifs doivent subir de plus en plus de mesures anti-juives et ils sont également obligés de s’inscrire auprès de la police.

Le 14 mai 1941, le père de Salomon est arrêté lors de la première rafle de Juifs étrangers, appelée rafle du « billet vert », nommé ainsi en raison des cartes postales vertes sur lesquelles la convocation est envoyée. Cinq mille hommes sont arrêtés lors de cette rafle et envoyés soit au camp d’internement de Pithiviers ou de Beaune-la-Rolande. Le père de Salomon passe un an dans ce dernier avant d’être déporté à Auschwitz à l’été 1942, où il décède au bout de quelques mois.

En juillet 1942, Salomon se rend à Lyon, situé dans la zone libre près de la ligne de démarcation, où il loge chez des amis de la famille de Paris qui s’y sont installés. Il travaille dans leur usine de sacs à main. Sa mère et trois de ses sœurs sont arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv à Paris, le 16 juillet 1942. Elles sont déportées à Auschwitz et assassinées peu après leur arrivée.

La sœur aînée de Salomon, Denise, n’est pas arrêtée lors de la rafle et elle rejoint Salomon à Lyon quelques mois plus tard.

Lorsque les Allemands occupent la zone libre de France en novembre 1942, Salomon et Denise obtiennent de faux papiers d’identité et bien que les gens autour d’eux savent qu’ils sont juifs, personne ne les trahit. Ils deviennent actifs dans le mouvement de résistance clandestin juif, aidant les familles dans le besoin et les orphelins en forgeant des cartes de rationnement pour eux.

Le 14 mai 1941, la veille au soir, des gendarmes sont venus remettre une convocation à 5 000 Juifs de Paris, des Juifs étrangers.
Salomon Buch

Après la libération, Salomon et sa sœur retournent à Paris. Salomon se marie en 1949 et le couple a une fille. La famille immigre au Canada en 1952 et quelques mois plus tard, la sœur de Salomon les suit avec son mari.

Salomon étudie la comptabilité et travaille comme comptable dans une firme pendant 40 ans. Salomon et son épouse Anna ont deux autres enfants à Montréal et cinq petits-enfants.

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