Sauveteurs

Mila Mesner

Mila Mesner se rappelle d’un ami non-juif qui a aidé sa famille pendant la guerre.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2011

Mila Mesner est née en 1923 dans une famille aisée à Zalishchyky (en Ukraine). Son père est propriétaire d’un moulin à farine industriel. Mila a deux sœurs ainées, Ziuta et Lola.

Lorsque la guerre éclate, la ville passe sous domination soviétique. En 1940, par crainte d’être déporté en Sibérie en raison de son aisance économique, le père de Mila décide de s’établir avec sa famille à Kolomyja (en Ukraine). Lorsque l’armée allemande occupe la ville en 1941, les Juifs sont forcés de s’installer dans le ghetto.

En octobre 1942, la famille de Mila est déportée au centre de mise à mort de Belzec (en Pologne occupée). Mila, Lola et leur cousine Jasia échappent au convoi en sautant du train en marche. Elles se rendent alors à Khodoriv (en Ukrain) et envoient un télégramme à un ami de la famille non-Juif qui les a déjà aidés dans le ghetto.

Grâce à lui, les trois jeunes femmes obtiennent de faux papiers qui leur permettent de se faire passer pour chrétiennes. Mila peut ainsi travailler au bureau foncier et successoral de l’administration allemande de Bibrka (en Ukraine). À l’automne 1943, Mila, Lola et Jasia déménagent dans l’appartement d’amis polonais à Lviv (en Ukraine).

Il est devenu comme un membre de notre famille. Il a pris soin de nous. Il a fourni toute la nourriture jusqu'en 1942.
Mila Mesner

L’armée soviétique libère Lviv en juillet 1944. Mila, Lola et Jasia retournent à Zaleszczyki, où elles retrouvent leur troisième sœur, son mari, David et leur fille Anna qui ont survécu à la guerre en se cachant. David réussit à obtenir des papiers d’immigration pour la Roumanie.

Ils passent tous un an et demi à Bucarest. Durant cette période, Lola se marie et décide de rester dans la capitale roumaine, tandis que Jasia part pour la Palestine. Mila, sa sœur Ziuta et sa famille décident de partir à Prague (en République tchèque) afin de trouver le moyen de sortir de l’Europe. Après de nombreuses difficultés, le groupe achète des visas pour le Paraguay et s’installe en 1948 à Asunción. Mila soutient toute la famille en travaillant comme interprète et assistante sociale pour les nouveaux immigrants.

Un an plus tard, grâce au soutien d’un oncle retrouvé par David, la famille arrive à Montréal en 1949. Après avoir étudié la comptabilité, Mila travaille dans de diverses positions au Musée des beaux-arts de Montréal pendant 34 ans jusqu’à sa retraite.

À sa retraite, elle s’implique dans les activités de la Fondation de témoignage juif-polonais ainsi qu’au Musée de l’Holocauste Montréal, où elle est conférencière bénévole pendant de nombreuses années.