Occupation

Marguerite Élias Quddus

Marguerite Élias Quddus parle de deux de ses grands traumatismes pendant la guerre.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2018

Marguerite Élias Quddus est née en 1936 à Paris (en France). Ses parents, originaires de Russie et de Lituanie, y sont installés depuis les années 1920. Elle a une sœur, Henriette, de deux ans son ainée. Les parents de Marguerite ont une boutique-atelier d’artisan-fourreur.

En août 1941, le père de Marguerite est arrêté par la police française, D’abord déporté au camp de transit de Drancy (en France), il fait ensuite partie du premier convoi de Juifs français vers Auschwitz (en Pologne occupée) en mars 1942.

À partir de 1941, les Juifs subissent de plus en plus de restrictions en France. Marguerite voit ainsi ses libertés se restreindre. Elle ne peut plus aller au parc et sa bicyclette est confisquée. Comme tous les enfants juifs âgés plus de six ans, Marguerite doit porter l’étoile jaune. Elle en est profondément troublée, car le port de ce symbole encourage certains à la traiter de sale Juive ou même à lui cracher dessus.

À l’été 1942, la mère de Marguerite, n’ayant pas la nationalité française, est arrêtée. Elle laisse ses deux filles dans l’appartement fermé à clé. Grâce à une amie qui travaille à la direction de la Préfecture de Police de Paris, elle est libérée et retourne à la maison le soir même. Quand les Juifs de nationalité française sont raflés à leur tour, elle décide de se joindre à la résistance juive. Elle confie ses filles à l’Œuvre de secours aux enfants, une organisation humanitaire qui a sauvé près de 5000 enfants juifs en France pendant l’Holocauste. Ainsi, pendant trois ans, les sœurs sont cachées dans des fermes et des couvents sous une fausse identité de petites filles catholiques.

Le jour où on a mis l’étoile […] les gens qui me connaissaient, tournaient la tête comme s’ils ne me reconnaissaient pas.
Marguerite Élias Quddus

Marguerite et Henriette ne revoient leur mère qu’après la Libération. Elles retournent à Paris, où leur mère se remarie. Marguerite finit l’école primaire et s’inscrit dans un collège technique, mais elle n’a pas les moyens de finir ses études. Pendant plusieurs années, elle travaille dans un bureau de poste et au Ministère de la Guerre. Quand sa mère divorce, Marguerite retourne aider dans l’entreprise familiale.

Elle se marie en 1965. Deux ans plus tard, son mari, un ingénieur en chimie, reçoit une offre pour enseigner à l’Université de la Colombie-Britannique. La famille s’installe alors au Canada. Ils passent deux ans à Vancouver, où leur fils unique nait, avant de s’installer à Montréal.

Pendant de nombreuses années, Marguerite a été conférencière bénévole au Musée de l’Holocauste Montréal. Elle a ainsi partagé son histoire avec des milliers d’étudiants aussi bien au Musée, que dans des écoles.