Liberation

Leslie Vertes

Leslie Vertes se rappelle de sa déportation dans un camp de travail soviétique après la guerre.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 1995

Leslie Vertes est né en 1924 dans le village d’Ajak (en Hongrie). Son père était propriétaire d’un atelier de réparation de chaussures, où il travaillait avec sa femme. Leslie a 14 ans lorsque la famille déménage à Budapest (en Hongrie).

Leslie ne peut pas finir la dernière année de l’école secondaire et aller à l’université à cause de législations anti-juives. Il travaille donc dans l’usine de cordonnerie de son père. Ce dernier est enrôlé dans un bataillon de travail forcé de l’armée hongroise en 1940, et en 1943 la famille est informée de son décès.

L’Allemagne nazie occupe la Hongrie en mars 1944. Leslie est envoyé deux mois plus tard dans un bataillon de travail forcé. Il y est chargé de réparer des chaussures et des bottes et il doit aussi participer au nettoyage des maisons et des rues après les bombardements alliés. Au bout de six mois, il réussit à s’enfuir. Il obtient de faux papiers et il se cache à Budapest.

J’ai perdu du poids, j’étais comme un sac d’os, mes cheveux étaient blancs, je marchais avec une canne.
Leslie Vertes

Lorsque l’armée soviétique libère Budapest en janvier 1945, Leslie est arrêté et déporté au travail forcé en Union Soviétique. Il fait partie des milliers de civils déportés des pays occupés par l’armée soviétique pour travail forcé en Union soviétique. Les autorités soviétiques avaient des quotas de déportation pour chaque région, et lorsque la cible n’était pas atteinte, des civils étaient ramassés dans les rues pour combler le manque.

Pendant les trois premiers mois, Leslie travaille dans une carrière de calcaire dans des conditions très dures. Plus tard, il travaille dans la construction. À l’âge de 21 ans, en raison du manque de nourriture adéquate, Leslie développe la maladie du scorbut et c’est grâce aux efforts d’un médecin tout récemment diplômé qu’il survit.

En 1947, il rentre à la maison après plus de deux ans de travail forcé. Il apprend que sa mère et sa sœur sont parties de la Hongrie. Après avoir passé trois ans en Allemagne, elles immigrent en Israël. En 1952, Leslie épouse Vera, elle-même survivante de l’Holocauste. Ils ont un fils quelques années plus tard. La famille s’enfuit de la Hongrie après la révolution de 1956 et arrivent à Montréal en 1957.

Leslie trouve un emploi dans une usine de chaussures. Il commence comme coupeur de cuir, puis devient au contremaître et travaille enfin à la planification de la production. Vera travaille comme couturière. Leur fils devenu médecin, s’installe à Toronto avec sa femme, où ils vivent avec leurs trois enfants.

Leslie a reçu la Médaille de la paix du YMCA en 2015 et la Médaille du Souverain pour les Bénévoles en 2018. La Fondation Azrieli a publié ses mémoires, Seul dans la tourmente, dans sa série de Mémoires de Survivants de l’Holocauste.

Leslie est conférencier bénévole au Musée de l’Holocauste Montréal depuis 2004. Il a ainsi partagé son histoire avec des milliers d’élèves au Musée et dans des écoles.