Après-guerre

Ernest Ehrmann

Ernest Ehrmann raconte comment il a vécu les premières années après la guerre.

Source : Musée de l’Holocauste Montréal, 2018

Ernest Ehrmann est né en 1928 à Karlovsky Chlmec (en Slovaquie). Il est le plus jeune d’une famille de six enfants. Son père est le propriétaire d’un commerce de gros de boissons alcoolisées et d’un petit hôtel.

Ernest et sa famille sont déportés à Auschwitz (en Pologne occupée), en avril 1944. Après quelques jours, Ernest et l’un de ses frères sont envoyés au le ghetto de Varsovie (en Pologne occupée) qui a été complètement détruit lors du soulèvement du printemps 1943. Leur travail consiste à récupérer les briques tirées des ruines pour les envoyer en Allemagne.

À l’automne, ils sont contraints de prendre part à une marche de la mort qui les mène en Allemagne, jusqu’au camp de Dachau. Ils n’y restent que peu de temps avant d’être transférés dans un autre camp de concentration allemand, celui de Mülhdorf, dans lequel les nazis font construire des usines souterraines d’armement.

À la fin d’avril 1945, les prisonniers sont évacués du camp et entassés dans des trains de marchandises. Ils voyagent pendant des jours avant de s’arrêter près de Tutzing (en Allemagne). Ils y sont libérés par l’armée américaine le 30 avril.

La maison a été pillée, nous avons vu les voisins qui portaient les complets de mon père, et nos meubles étaient dans les maisons des voisins.
Ernest Ehrmann

Après la Libération, Ernest et son frère retournent dans leur ville natale. Ils apprennent alors que leurs parents ainsi qu’un frère et une sœur ne sont pas revenus d’Auschwitz. Lorsque les communistes prennent le pouvoir en 1948 en Tchécoslovaquie, les deux frères et les deux sœurs qui ont survécu décident de quitter le pays. Ils passent un an à Paris en attendant leurs visas pour le Canada.

À son arrivée à Montréal en 1949, Ernest trouve un premier emploi dans un atelier de bijoux. En partenariat avec un ami, il se lance plus tard dans la fabrication textile et fonde une usine de chaussettes et de tricots pour femmes, qui s’avère florissante. Ernest épouse Ella, une survivante roumaine, et ces derniers ont deux filles et plusieurs petits-enfants.

Pendant de nombreuses années, Ernest a été conférencier bénévole au Musée de l’Holocauste Montréal où il a partagé son histoire avec des milliers d’étudiants juifs et non juifs. Il a également participé à quatorze Marches des vivants sur les routes de Pologne et d’Israël afin d’accompagner plusieurs milliers de jeunes dans la découverte de leur histoire et de leur identité.

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